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Glossaire

Murs commerciaux(Murs d'un local commercial)

Mis à jour le 30 mars 2026

Par Antoine Amant, Fondateur d'Almo, 10 ans dans l'immobilier professionnel et le conseil (ex-BureauxLocaux/CoStar)

Le bien immobilier lui-même (le local), distinct du fonds de commerce qui s'y exploite. On les achète libres (vacants) ou occupés (loués à un commerçant en place).

À retenir : Quand le bailleur vend un local commercial, le locataire en place bénéficie d'un droit de préférence (art. L145-46-1 du Code de commerce) — sauf, notamment, si l'immeuble entier est vendu d'un bloc

Définition

Les murs commerciaux désignent le bien immobilier dans lequel une activité commerciale est exercée : les locaux, par opposition au fonds de commerce (la clientèle, le bail, le matériel) qui s'y exploite. Ce sont deux actifs distincts, qui appartiennent souvent à deux personnes différentes : le propriétaire des murs perçoit un loyer du commerçant, qui exploite son fonds. Acheter des murs commerciaux, c'est donc acquérir de l'immobilier, pas une activité. Deux profils d'acheteurs s'y côtoient : le commerçant qui veut devenir propriétaire de son outil de travail et cesser de payer un loyer, et l'investisseur qui achète un bien loué pour en percevoir le rendement.

En pratique

  • Murs libres ou murs occupés : des murs libres sont vacants, vous pouvez y installer votre activité ou les relouer. Des murs occupés sont loués à un commerçant en place, avec son bail : vous achetez alors autant un contrat qu'un bien, et la qualité du locataire fait une grande partie de la valeur.
  • Le rendement d'un investissement en murs occupés rapporte le loyer annuel au prix d'acquisition. Il dépend étroitement de la durée restante du bail, de la solidité du locataire et de l'emplacement : à Paris, les meilleurs pieds d'immeuble se traitent autour de 4 % de rendement prime (JLL, T1 2026), c'est-à-dire que l'acheteur y paie surtout la rareté.
  • Un commerçant peut acheter ses murs via une SCI qui les loue à sa société d'exploitation. Le montage sépare le patrimoine de l'activité, mais le loyer doit rester cohérent avec le marché : un loyer manifestement surévalué expose à une remise en cause fiscale.
  • Les frais d'acquisition (droits de mutation, émoluments du notaire) s'ajoutent au prix affiché et ne se financent pas toujours par l'emprunt : intégrez-les au plan de financement dès le départ.
Exemple : Karim loue depuis huit ans le local de sa boulangerie à Nantes. Son bailleur décide de vendre. En application du droit de préférence, il doit d'abord proposer les murs à Karim, au prix et aux conditions de la vente envisagée. Karim a un mois pour se prononcer, puis deux mois pour signer (quatre s'il recourt à un prêt). S'il achète, son loyer devient une mensualité de crédit : il ne subit plus les révisions de loyer et se constitue un patrimoine.

Questions fréquentes

Quelle différence entre acheter les murs et acheter un fonds de commerce ?

Acheter les murs, c'est acquérir le bien immobilier : vous devenez propriétaire du local et, s'il est loué, vous percevez un loyer. Acheter un fonds de commerce, c'est reprendre une activité (clientèle, bail, matériel) sans devenir propriétaire des lieux : vous continuez de payer un loyer au propriétaire des murs. Les deux peuvent s'acheter séparément, ou ensemble (on parle alors de « murs et fonds »).

Mon propriétaire vend le local : suis-je prioritaire pour l'acheter ?

En principe oui. L'article L145-46-1 du Code de commerce oblige le bailleur qui vend un local commercial ou artisanal à en informer d'abord son locataire : la notification vaut offre de vente. Le locataire dispose d'un mois à compter de la réception pour se prononcer, puis de deux mois à compter de l'envoi de sa réponse pour réaliser la vente (quatre mois s'il y a notifié son intention de recourir à un prêt). Attention aux exceptions : le droit de préférence ne joue pas si le bailleur vend l'immeuble entier d'un bloc, s'il cède en une seule fois plusieurs locaux d'un ensemble commercial, s'il vend à un copropriétaire de cet ensemble, ou s'il vend à son conjoint, à un ascendant ou à un descendant.

Faut-il acheter des murs libres ou des murs occupés ?

Cela dépend de votre projet. Des murs libres conviennent au commerçant qui veut y installer sa propre activité, et se paient plus cher au mètre carré. Des murs occupés relèvent de l'investissement : vous achetez un bien et le bail qui va avec, donc un revenu immédiat, mais vous héritez aussi du locataire, de son loyer et de la durée restante de son bail. Faites analyser ce bail avant toute offre : c'est lui qui porte le rendement.

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